mardi 11 mai 2010

DES ÉLECTIONS HISTORIQUES POUR UN PRÉSIDENT DE COEUR



Les élections philippines ont montré pour une fois le meilleur côté des Philippins, et prouvé qu'on était encore, malgré tout, dans une démocratie. Malgré les nombreux achats de voix qui ont eu lieu hier, malgré les intimidations armées et le blocage de l'ascension sociale réalisé par les élites du pays. Malgré tout cela, les Philippins ont pu être entendus hier. Ce qui n'avait pas été le cas depuis longtemps.

En 2004, il a fallu plus d'un mois pour proclamer le Président, qui s'est révélé avoir massivement triché. Cette année, on avait la majorité des résultats moins de 24 h après le début du vote. Et selon un procédé électronique transparent qui a fait faire à l'archipel un énorme bond en avant dans le 21e siècle. Un bond en avant, clairement, vers une démocratie plus transparente. Et cela est un vrai soulagement de se sentir finalement fier de ce système politique philippin qui montre trop souvent son côté le plus diabolique.

Et c'est un Président de cœur qui a été élu par les Philippins, plus qu'un Président de raison. Un homme qui porte le nom de la révolution de 1986 contre Marcos, qui affiche un visage enfantin et vierge de toute malice, un enfant, encore, qui vient à peine de quitter sa mère.

Mais cet enfant peut-il devenir Président ? Sa personnalité effacée et son manque de réalisations comme député et sénateur parlent contre lui. Il aura maintenant six ans pour montrer qu'il peut sortir du cocon, et devenir Noynoy avant d'être Aquino.

Je vous invite à suivre un reportage de la campagne sur la Radio Suisse, et de lire cet article dans LE TEMPS


lundi 10 mai 2010

LE JOUR LE PLUS LONG, LE JOUR DE L'ÉLECTION

C'EST LE JOUR DE LA RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE, le jour ou jamais, en tout cas, pour la faire. Car aujourd'hui, on fait table rase. Ce 10 mai, on change tous ces élus qu'on ne cesse de critiquer : maires, gouverneurs, députés, sénateurs, vice-président et président.


Mais le changement vers où ? "Moins de corruption", "la fin de la pauvreté," les promesses sont belles. Mais en dehors du fait que les candidats ne s'embarrassent pas beaucoup à expliquer comment ils vont tout changer en un mandat présidentiel de 6 ans, leurs origines mêmes laissent douter de leur sincérité. Et le premier d'entre, Noynoy Aquino, en tête dans les sondages, est le principal suspect dans ce jeu de dupes : originaire d'une famille d'aristocrates et de propriétaires terriens, député et sénateur inexistant pendant 12 ans, on doute de ses capacités à briser radicalement ses attaches familiales et claniques. Mais il est présenté comme le moins mauvais choix parmi les 8 principaux candidats à la présidence des Philippines.
Le changement, par contre, est bien réel dans le système de vote : pour la première fois, les votes seront comptés et transmis de manière électronique, et on peut cette fois vraiment penser que cela évitera la majorité de la manipulation des résultats, une pratique courante aux Philippines. Une avancée, si les candidats qui ont peur de perdre ne s'amusent pas à faire bruler toutes les machines, comme cela a déjà commencé.


C'est le jour où on change tout. Pour le meilleur ou pour le pire. Alors pour suivre et mieux comprendre les enjeux , je vous invite à entrer dans la danse des révolutions d'avant le scrutin. Et à rejoindre une manifestation qui réunit des prêtres catholiques et des militants de gauche.


vendredi 16 avril 2010

Noynoy Aquino : Le héros malgré lui


Il est le fils d'un révolutionnaire tombé en martyr sous les coups de feu de la dictature de Marcos, et de l'épouse de ce héros, qui a pris sa relève, et restauré la démocratie dans le pays. Il porte un nom qui fait vibrer les foules philippines, espérer ce peuple sentimental, toujours en proie à croire aux miracles venant du ciel, ou aux simples histoires qui finissent bien, à condition qu'elles soient racontées en musique.

Benigno Aquino III est ce fils prodigue. Mais il n'est malheureusement que cela : l'héritier. Il porte la mémoire, mais n'a pas appris à s'en servir. Il est né au milieu de parents courageux, mais n'a jamais eu à l'être lui-même. "Noynoy" Aquino est un être perclus de contradictions, non-charismatique, et avec peu d'ambitions, mais il deviendra peut-être le prochain président des Philippines. Car selon les derniers sondages, il est le large favori pour l'élection présidentielle du 10 mai prochain, avec 12 points d'avance sur son principal adversaire, Manny Villar.

Noynoy Aquino, en fait, aurait bien aimé que tout cela n'arrive jamais. En juillet dernier, il vivait encore une existence paisible : à 49 ans, cet homme célibataire vivait avec sa mère, Corazon Aquino, dont les opinions étaient encore très écoutées, et qui aidait le petit Noynoy à se faire élire : trois fois comme député, et en 2007 comme sénateur.

Mais voilà : toutes les bonnes choses ont une fin. Cory Aquino est morte, le 1er août dernier. La foule est descendue dans les rues pour rendre un dernier hommage à cette femme qui a aider à rétablier la démocratie après 14 ans de loi martiale sous Marcos.

Et à côté du cercueil, Noynoy Aquino, qui venait de perdre sa maman. Dans ce moment de catharsis, le transfert psychologique et émotionnel était facile. La foule, les médias et l'opposition ont appelé cet héritier Aquino à se présenter comme Président, pour renforcer les institutions du pays.

Noynoy Aquino le dit lui-même : il n'avait pas l'intention de se présenter ... mais le peuple l'y a poussé. Alors s'il faut y aller ...

Écoutez et lisez la suite de l'histoire de ce "héros malgré lui", à travers cette interview exclusive que j'ai réalisée dans sa maison familiale, sur RFI, ou dans Le Temps de Genève.

mardi 30 mars 2010

Des déchets à l'énergie


C'est une décharge de triste mémoire qui est devenue source d'espoir. Dans le nord de Manille, la décharge de Payatas, deuxième plus importante de cette mégapole de 15 millions d'habitants, - qui a enseveli 200 personnes lors d'un accident il y a 10 ans - a commencé à produire de l'électricité depuis quelques mois. Pas encore de quoi faire tourner une usine de ciment, mais quand même, de quoi éclairer les rues du quartier, et fournir de l'électricité gratuitement aux femmes de ce quartier pauvre, pour repasser. C'est un premier pas. Ce n'est d'ailleurs, qu'un premier pas. Car on s'attend à beaucoup mieux.(Première photo et deuxième photo : on voit bien le grand tube, dans ce cas déconnecté au réseau et à la centrale, sortir de la montagne de déchets)



Le système parait assez simple comme cela : une décharge, en plus de sentir mauvais, produit en son sein un gaz, le méthane, qui nait des déchets en décomposition. Ce gaz est très toxique, et inflammable. Et c'est, enfin, un gaz à effet de serre 11 fois plus nocif pour l'atmosphère que le dioxyde de carbone.



Donc ce qui se passe à Payatas, c'est qu'une entreprise, Pangea, a creusé d'énormes trous de 30 mètres à l'intérieur de ces montagnes de déchets, afin de capturer ce méthane avant qu'il ne s'échappe, et de le brûler pour le transformer en électricité. Et voilà !

Sauf que cet investissement a été concrètement possible grâce à quelque chose qui nous paraissait jusqu'à présent diablement théorique et incompréhensible : le protocole de Kyoto, et ses fameux crédits de carbone.

Ces crédits de carbone, dans ce cas, ont été la condition essentielle pour que l'entreprise d'ingénierie Pangea monte ce projet.













Pour suivre cette histoire, et comprendre comment on transforme une décharge meurtrière en source d'énergie, suivez-moi dans ce documentaire diffusé sur RFI.

















mercredi 3 mars 2010

Ces 43 personnes privées de tout droit

C'est un chiffre qui a fait la Une des journaux philippins ces derniers temps : 43
Un chiffre. Le nombre des personnes arrêtées le 6 février dernier par une descente conjointe de police et d'armée, dans une maison de la campagne du nord de Manille.
Que se passait-il dans cette maison ? Selon ces 43 personnes, une mission médicale et une formation aux premiers soins dans cette région reculée. Plusieurs étaient en effet docteurs, d'autres infirmières.
Pour l'armée, l'histoire est totalement différente. Ces 43 personnes sont des membres de la rébellion communiste de la New People's Army (NPA), et menaient une formation sur la confection d'explosifs.

L'origine diffère. Mais la suite semble mettre d'accord les acteurs, ou presque. Car suite à cette arrestation, l'armée a en effet reconnu avoir menotté les mains et bandé les yeux de ces accusés continuellement. Pendant 3 jours.
Puis leur a nié le droit de voir des avocats. Pendant 5 jours.

Certains des accusés ont ensuite avancé qu'ils avaient été torturés, parfois à l'électricité, pour qu'ils parlent. La Commission des Droits de l'Homme est venue, plusieurs fois, et a partagé son outrage devant ce cas de violation flagrante des droits de l'homme, pour des raisons de lutte contre l'insurrection communiste de la New People's Army.


Cette lutte contre la rébellion communiste est en effet le credo qui semble justifier de graves violations des droits de l'homme, et des centaines d'exécutions présumées par l'armée depuis l'arrivée de Gloria Arroyo au pouvoir. Et cet exemple montre à quel point l'armée est habituée et à l'aise pour agir en dehors de la Constitution et de la loi.

Suivez-moi aux abords, puis à l'intérieur de cette caserne où sont encore aujourd'hui détenus ces 43 rebelles présumés qui reçoivent cette injustice d'exception.



Légende : Leila de Lima, La directrice de la commission des droits de l'homme rencontre le Général Segovia, commandant de la 2e division d'infanterie où sont détenus les 43 accusés.

jeudi 25 février 2010

La bataille des marins philippins contre les pirates

Ces marins parcourent toutes les eaux du globe. Ces Philippins sont les plus nombreux, la première main d'oeuvre employée dans la marine marchande du monde : un marin sur quatre, sur ces tankers et cargos, vient des Philippines, cet archipel du bout du Pacifique.

Ces Philippins sacrifient déjà beaucoup de leur vie familiale et personnelle en partant pendant plus de six mois par an en mer. Mais une chose qu'ils ne veulent pas sacrifier, c'est leur vie. Pourtant, ils sont de fait les premières victimes de la piraterie qui sévit dans le golfe d'Aden et au large de la Somalie : plus de 250 marins philippins ont été enlevés, pendant de longs mois pour la plupart, par les pirates somaliens en 2009, un chiffre qui a pratiquement doublé par rapport à 2008. La situation est pratiquement en dehors de tout contrôle dans ces eaux située à la sortie du Canal de Suez, et qui sont donc parmi les plus fréquentées par la marine marchande. La force de sécurisation Atalante mise en place par l'Union européenne ne fait que protéger un petit couloir dans le Golfe. Pas assez.




Alors le ministère de l'Emploi philippin vient de mettre en place une mesure, à son niveau : l'obligation de donner à tous les marins des cours de prévention contre la piraterie. Comment préparer un bateau pour empêcher des pirates d'y monter, comment semer ces assaillants, ou au pire, comment rester en vie quand ils sont à bord.

Suivez ce reportage lors de l'un de ces premiers cours de survie pour ces marins abandonnés en mer, sur des cargos de 50 mètres de long...

Un reportage sur RFI
et un autre publié dans La Croix

mercredi 27 janvier 2010

La voiture blindée, ou comment survivre aux élections



C'est l'histoire de politiciens qui aimeraient survivre aux élections. Et des moyens pour y arriver.
Pour raconter cette histoire, il faut un moment se mettre dans la peau d'un gouverneur du nord des Philippines, qui a déjà amassé un bon pécule grâce à ses loyaux - et surtout déloyaux- services à la tête de sa province. Un gouverneur qui décide donc qu'il mérite de mettre ce talent au service de la cause nationale, de se faire entendre dans l'assemblée de Manille, en se présentant comme député de cette circonscription, lors des élections générales de mai prochain.


Le problème, c'est qu'il n'est pas le seul à jouer : son opposant pour ce poste, le député actuel, fait partie d'une grande famille, aux grands moyens. Aux moyens armés surtout, et sans scrupules pour garder ce poste : ce député, comme des centaines de politiciens comme lui, détient sa propre milice prête à défendre ce poste accaparé au public contre les intrus. Et à réduire la voiture des autres prétendants en passoire roulante.
Conclusion : notre chère candidat est sûrement candide, mais pas suicidaire. Il se rend dans le garage d'Exoarmoring, au nord de Manille, pour faire blinder sa voiture !

Ce garage est sûrement le seul ces temps-ci, à se réjouir, bien malgré lui disons-le, de voir les candidats régler leurs différents à coups d'armes automatiques: son cahier de commandes a grandi de 30 % en quelques mois.

Ces élus locaux - qui ne sont censés gagner que quelques dizaines milliers de pesos par mois,,quelques centaines d'euros- arrivent avec leur Toyota Land Cruiser ou Ford Expedition, pour les transformer en de véritables petits chars d'assaut.
Détail de la transformation : on démonte toute la structure, et on y met des barres d'acier tout le long, dessous, derrière.
Le but : arrêter les balles de M-16, les grenades jetées sous les voitures par ces bienfaiteurs de la chose publique, et leurs hommes de main.
Coût de l'opération : entre 20 000 et 50 000 euros, suivant le blindage.
Question subsidiaire : Combien étaient censés gagner ces politiciens, au fait ?














Ce business est né d'une situation qui pourrit sérieusement, en effet. Le nombre de milices privées a explosé depuis l'arrivée de la présidente Arroyo au pouvoir en 2001. Selon le ministre de la Défense lui-même, -donc attention à la sous-estimation- il y en aurait 132 aujourd'hui. Le même ministère en dénombrait 43 en 2007 - la police parlait alors de 93. Il est assez difficile de les dénombrer, car ces milices sont informelles, engagées souvent ponctuellement par les hommes politiques pour des missions précises. Mais ce qui est sûr, c'est que leur nombre aurait quasiment doublé depuis l'arrivée d'Arroyo. Il faut dire que c'est sous son gouvernement qu'a été renforcé le nombre et le rôle des CAFGU et CVO, deux forces para-militaires des provinces, et qui sont régulièrement détournées par les politiciens pour leurs basses oeuvres.

L'exemple le plus sanglant, est le massacre de Maguindanao, à Mindanao. Tout était réuni : le nombre impressionnant de ces para-militaires, la dynastie politique qui règne sans partage, et la grande tolérance de la Présidente envers son allié de toujours.

Il semblerait, malheureusement, que cet allié lui ait explosé dans les mains.

En attendant, pour ceux qui peuvent se le permettre, je peux fournir l'adresse du garage de blindage. Il paraît qu'on ressort indemne d'une longue rafale de M-16. Ca je ne peux par contre pas le garantir, ils ont pas voulu faire le test devant moi.


Mais vous pouvez toujours me suivre dans le garage de cette petite usine, où l'on transforme ces 4x4 en chars d'auto-défense politique.

Voici le reportage à l'antenne de RFI.



jeudi 7 janvier 2010

Une bonne nouvelle pour le début d'année : la géothermie


Allez, on va un peu changer des mauvaises nouvelles. Aujourd'hui, pour le premier post de cette année, c'est bonne nouvelle, pour nous, et pour notre chère nature : aux Philippines, la géothermie est en plein boum. C'est la deuxième révolution verte en marche ! Enfin si tout se passe comme prévu. Car les investissements dans un tel secteur mettent des années à aboutir.

Mais tout pousse à y croire. Les Philippines sont déjà le deuxième producteur mondial d'énergie géothermique, avec 17% de son énergie qui provient des vapeurs volcaniques de l'archipel. Et son potentiel est deux fois plus important. La deuxième vague d'investissement serait donc aujourd'hui en route.

Alors avec la flambée des cours du pétrole de ces dernières années, et la lente mais sûrement réelle prise de conscience de la réalité du changement climatique dans cet archipel trop souvent balayé par les typhons ... nous voilà avec une loi sur les énergies renouvelables qui fait figure de modèle international, et commence déjà à inciter de nombreux investisseurs à se prêter à ce jeu de la géothermie aux Philippines !

Suivez-moi au coeur du volcan de Cuernos de Negros, à Dumaguete, avec ce reportage !

Et de manière un peu plus détaillée, cet article dans La Croix

mardi 24 novembre 2009

JOUR DE DEUIL POUR LES JOURNALISTES


J'aurais beaucoup aimé ne jamais avoir à écrire ce post. Ce message sera noir. Noir comme le deuil qui a envahi toute la communauté des journalistes des Philippines depuis hier, et par-delà l'archipel, les journalistes du monde entier. Noir comme la colère qui m'habite aujourd'hui.

Hier, lundi 23 novembre, un convoi mené par une équipe de campagne a été pris en embuscade par un groupe de près de 100 hommes armés, dans la province de Maguindanao, à l'ouest de l'île de Mindanao. Le convoi partait déposer la candidature d'un élu local, membre du clan des Mangudadatu, pour le poste de gouverneur de Maguindanao. Quelques heures après, des dizaines de corps ont été retrouvés sans vie, certains mutilés. 46 corps ont été retrouvées. Dont ceux de 12 journalistes, qui accompagnaient le convoi.

Ce massacre sanglant porte un nom aux Philippines : Rido. A Mindanao, un Rido est une guerre de clan entre deux familles musulmanes, qui surgit pour des raisons d'honneur, de litiges de terres, ou comme dans ce cas, un affrontement pour la domination politique. Les Ampatuan tiennent toute la province de Maguindanao, et même une partie de la région, sans partage depuis près de 10 ans. Une vingtaine de membres de la famille sont élus à différents postes locaux, et la plupart d'entre eux le sont sans jamais rencontrer d'opposition lors des scrutins. Chacun sait que se présenter contre les Ampatuan est un gage sur sa vie. Et c'est ce qu'a pourtant fait le clan des Mangudadatu, en se présentant contre eux pour les élections de 2010.

La grande différence, ce qui soulève l'indignation nationale dans l'archipel, est que ce massacre a dépassé les règles du Rido. Jamais des membres hors des clans n'avaient été volontairement touchés dans des Rido. Et dans ce cas, même les journalistes ont été sauvagement assassinés. Reporters Sans Frontières a qualifié ce jour comme le plus tragique de l'histoire moderne : "Jamais dans l’histoire du journalisme, la profession n’avait payé un aussi lourd tribut en une seule journée", déclare solennellement RSF sur son site.

Ce qui révolte encore plus, c'est de voir à quel point la barbarie se mêle à l'impunité dans ce Far West philippin. Les Ampatuan sont un clan de guerriers, qui détient une milice de centaines d'hommes armés, et protégés par le gouvernement national, qui s'en sert pour "protéger" ses votes. En 2004 et 2007, les Ampatuan ont assuré au camp de Gloria Arroyo une victoire complète dans sa province. La tricherie a été tellement massive que dans certaines villes, pas un vote n'a été comptabilisé pour l'opposition, alors que celle-ci remportait dans toutes les autres provinces, ou presque.

La question qui se pose aujourd'hui, c'est qu'est ce que fera Gloria Arroyo avec cet allié barbare ? On craint qu'à la veille d'élections nationales aussi sensibles que celles de mai prochain, le clan Ampatuan ne s'en sorte trop bien. Et les victimes ne soient abandonnées à la loi révoltante du plus fort, dans ce climat d'injustice et d'impunité.


Pour approfondir le sujet, voici de nombreux liens

Explications, à vif, sur RFI

Article d'analyse dans Le Temps de Genève

L'empreinte sanglante des milices privées, dans La Croix

Condamnation de RSF

Le clan des Ampatuan, les Parrains de Mindanao

Les dernières infos sur le massacre

PS, au 10 janvier : après plus d'un mois de fouilles, le décompte des victimes est de 57 personnes assassinées, dont 30 journalistes. 2 journalistes supplémentaires sont du reste toujours portés disparus, et pourraient se trouver dans le charnier.

mardi 10 novembre 2009

Femme philippine cherche mari étranger sur Internet



Elles sont amoureuses, mais n'ont jamais vu leur homme. Elles parlent avec lui depuis 3 ans et sont prêtes à se marier avec lui, mais ne l'ont jamais touché. Internet, aujourd'hui casse les frontières. Et ouvre les voies de l'Amérique à ces milliers de Philippines qui ont un rêve : celui de l'émigration.

Aujourd'hui, 100 000 Philippins - et surtout Philippines - sont enregistrés sur les sites de rencontres. Un chiffre énorme, qui en fait l'une des premières nationalités inscrites sur ces sites internationaux. L'espoir de ces Philippines, c'est de rencontrer un homme attentionné, doux et charmant, et surtout, d'avoir grâce à lui une vie confortable.

Attention, les Philippines ne sont pas pour autant vénales, et ne voient pas un étranger que comme un billet de banque. Mais la grande majorité d'entre elles viennent de la province, où elles vivent avec un niveau de vie assez pauvre. Mais elles rêvent d'autre chose, elle ont le Rêve américain. De ces villes de Davao, Dumaguete, ou Zamboanga, des millions partent chaque année pour travailler en Arabie Saoudite, au Canada ou aux Etats-Unis.

Mais une autre voie possible pour les femmes, aujourd'hui grâce à Internet : celle de trouver cette meilleure vie en rencontrant un étranger. L'amour se mêle facilement à ce rêve pour des filles particulièrement romantiques, et la barrière d'Internet ne les gêne pas trop en général. Elles restent fidèles à cet étranger avec qui elles parlent pendant des heures par jour, pendant des mois et des années, en attendant de vivre une nouvelle vie de rêve, là-bas, en Amérique.


Venez écouter le témoignage d'une de ces filles, mais aussi les risques que prennent ces Philippines en cherchant cette nouvelle vie, dans ce reportage diffusé sur RFI. , et surtout, plus long, donc plus intéressant, cet article paru dans La Croix
(Photo : en haut : réunion de "conseil" organisé par les autorités philippines pour les femmes philippines qui s'apprêtent à partir à l'étranger avec leur nouveau mari.
Ci-contre: Brenda, originaire d'une petite île de province, s'apprête à rejoindre son mari de 51 ans aux États-Unis)


Mais pour prolonger le sujet, j'aimerais également ouvrir la discussion aux autres acteurs de ces relations : les hommes. J'ai rencontré les filles philippines ici, il m'intéresse d'avoir les témoignages de ceux qui ont eu la chance de rencontrer ces filles, et ont pu mener à bout, ou pas, ces relations.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur ce blog, ou si vous voulez rester plus discret, m'écrire sur mon e-mail : sebfarcis@yahoo.fr