mercredi 30 septembre 2009

UN DÉLUGE INÉDIT S'EST ABATTU SUR MANILLE


Beaucoup de superlatifs ont été utilisés aux Philippines pour décrire le déluge qui s'est abattu ce week-end sur Manille. "Les plus fortes précipitations depuis plus de 40 ans", "Un mois de pluie en 6 heures"... pas un seul habitant de cette capitale de plus de 12 millions de personnes n'a été épargné. Entre ceux restés bloqués toute une nuit dans un centre commercial ou dans un métro, ceux qui ont tout perdu et n'ont pu que sauver leur vie en montant sur leur toit, ou ceux qui, malheureusement, y seraient encore, à l'heure qu'il est, 4 jours après, car les moyens manquent terriblement pour atteindre tout le monde.

Pour avoir un aperçu du désastre climatique, de cette alerte effrayante d'un changement terrifiant du comportement de la nature, voici quelques reportages que j'ai faits dans les zones sinistrées.

Un reportage photo et audio sur RFI

Un reportage écrit dans La Croix

vendredi 11 septembre 2009

Un prêtre catholique assassiné

Ce n'est pas le premier défenseur des droits de l'homme qui se fait violemment abattre dans une embuscade. Mais c'est le premier prêtre catholique. Et dans un pays aussi fervent que les Philippines, cela fait la différence.

"Ils veulent nous faire comprendre qu'ils n'épargneront personne", explique Nardy Sabino, directeur de l'organisation religieuse PCPR. "Ils", ce sont les militaires, qui sont accusés d'abattre des sympathisants de la rébellion communiste, afin de lutter contre sa propagation. Plus de 1000 personnes, militants des droits de l'homme ou membres de syndicats, auraient été tués depuis 2001, si l'on en croit le rapport de l'organisation de gauche Karapatan. Et aucune justice ne leur a pour l'instant été rendue.

C'est donc une étape, une radicalisation.

La suite dans cet article de La Croix.

jeudi 3 septembre 2009

Welcome Back !

Pour fêter mon retour "au pays", pour enlever le portrait d'Imelda qui tenait la Une de ce blog depuis deux mois, et pour revenir sur le terrain par la petite porte du détail qui compte, je vous fais part de ces quelques mots, écrits sur un mur à côté de chez moi, à Manille, dans la même rue qu'une des maisons de l'ONG pour enfants des rues Virlanie...


mardi 7 juillet 2009

Imelda Marcos, entre extravagance et simplicité

C'est une femme touchante et d'une naïveté émotive, mais calculatrice et tellement maligne. Quand on entre dans son salon, perché au dernier étage d'une des tours les plus élevées de Fort Bonifacio, le quartier le plus huppé et moderne de Manille, le magnifique se mélange au kitch. Un tableau de Gauguin est perdu derrière un mobilier vieillot et vaguement copié d'un style royal. Une tête de David, sculptée par Leonard de Vinci, est perdue derrière d'autres objets de moindre valeur. La simplicité de la personne et de son cadre, avant tout.
Et Madame Imelda Marcos d'arriver, dans son éternel costume violet à colerettes qui l'a rendue célèbre comme "the Steel Butterfly", "le Papillon d'Acier". (Photo 1 : Imelda Marcos dans la "Salle du procès, où elle a compilé tous les relevés de banques étrangères où le couple avait déposé ses biens et son or.")

A quelques jours de ses 80 ans, son combat se concentre on ne peut plus sur ses biens "injustement confisqués, spoliés", lors de la fuite du couple Marcos des Philippines en 1986, dans un hélicoptère des Etats-Unis, alors que des millions de Philippins s'apprêtaient à envahir le Palais de Malacanang.
Infatiguable bavarde, incontrôlable même par les questions les plus précises, on se laisse alors bercer par le récit de celle qu'on prendrait encore pour cette jeune fille de la province de Leyte, Reine de beauté en son temps, et qui a épousé un homme riche et politicien prometteur, 11 jours après l'avoir rencontré. En fermant les yeux, on penserait entendre les mêmes intonations innocentes et délicates, la même fragilité prude et naïve de cette fille élue par une foule aveuglée par son visage de princesse. Tout, dans son propos, nous fait croire qu'elle n'a jamais eu d'autre intention que d'offrir aux Philippins son tryptique favori : "the True, the Good, and the Beautiful". (Photo 2 : Dans son salon de l'étage du dessous de son duplex. En haut à gauche, on peut voir la tête de David, sculptée par Leonard de Vinci.)

Sauf que le visage de cette Reine de beauté s'est affaissé, les formes ne sont plus celles de la Préférée de Leyte, et que cette femme porte à son doigt un diamant de "peut-être 22 caras" , symbole de cette richesse extravagante. "Ferdinand (Marcos) me l'a offert comme bague de fiançailles, et il m'a dit qu'elle devait être de 11 caras. Mais quand des bijoutiers l'ont regardé de plus près, ils ont remarqué qu'elle devait faire au moins le double", lâche-t-elle simplement, légèrement, entre deux histoires sur sa vie de Palais et "l'implacable politique de persécution et de privation" dont elle fait l'objet depuis sa chute.

Mais aussi légère que soit cette remarque, il est bien question de bijoux ces jours-ci. 18 ans après son retour au pays, alors qu'elle a déjà gagné 900 procès pour détournement et pillage, son armée d'avocats est bien décidée à réussir à récupérer une partie des bijoux confisqués lors de sa fuite, et dont l'ensemble de couronnes et diamants est estimé à plus de 200 millions d'euros. Elle a relancé le sujet le mois dernier, qui est ainsi venu sur le devant de la scène, le ministre de la Justice demandant ainsi à la Commission de la Bonne Gouvernance, qui gère tous les dossiers concernant les biens des Marcos, de "rendre ces bijoux si aucun procès respectifs à ces biens n'était en cours". Il n'en a pas fallu plus pour attribuer au gouvernement l'intention de rendre ces bijoux aux Marcos, ce qui a levé une vague de protestation. Un beau test d'opinion publique.

Il est pourtant clair, selon la commission que j'ai contactée, que la plupart de ces bijoux sont soit déjà attribués à la République des Philippines suite à leur saisie par les douanes américaines, soit en cours de procès pour une des collections. Et le ministre de la Justice a d'autres encablures que les miennes pour vérifier ce petit détail avant de le plaquer dans un mémo public.

Mais on ne connait peut-être pas tous les secrets d'Imelda et ses relations avec le gouvernement actuel, qui semblent l'assurer si fortement qu'elle pourra récupérer ses bijoux.

En attendant, je vous propose d'écouter la fraicheur de cette femme de 80 ans, du haut de son palais moderne qui domine encore la capitale philippine. C'est ici que cela commence.


Mais comme d'extravagance il n'en est jamais trop, je vous propose ce monologue de deux minutes, qui reflète bien sa personnalité et ses valeurs construites en un tryptique fameux: "The True, the good, and the Beautiful". Tout ce qu'elle a construit et qui reste de fait debout ici aux Philippines, - Le palais de la culture, Le centre de Conventions- allaient dans ce sens, dit-elle.
Elle réagit ici au classement du magazine Newsweek, qui l'a placée comme la 2e personne la plus avide ("greedy") de tous les temps, juste après Gengis Khan. Elle entre ensuite dans une comparaison avec le sanguinaire empereur mongol. Un passage plein d'enseignement sur son personnage marquant dans l'histoire philippine.

Je vous laisse écouter.

Et puis, le journaliste mis en scène, à côté d'un beau Picasso.




vendredi 3 juillet 2009

Une expédition religieuse et humaine


Je ne suis pas particulièrement croyant, mais il y a des "missions de la foi" qui imposent le respect. C'est le cas de celle de la congrégation des Soeurs de l'Immaculée Conception de Castres, qui est arrivée il y a quelques années s'occuper des plus pauvres parmi les pauvres. De ceux qui vivent sous les ponts, et s'installent, fondent une famille, et s'enracinent ainsi dans cette situation de pauvreté.
Je vous invite pour une fois à suivre ces soeurs sous un pont d'une avenue de Manille, où s'est installée cette petite communauté.

lundi 29 juin 2009

Un hommage à Michael Jackson venu de prison !


Cette chorégraphie les a rendu célèbres, la mort de leur premier auteur les a rendu tristes. Les prisonniers de Cébu on rendu samedi, un hommage comme il se devait à Michael Jackson, d'abord avec leur fameuse chorégraphie de "Thriller", puis avec une plus émouvante de "We are the World". Quand la musique et l'émotion cassent les murs des prisons ...

Thriller, un peu plus désordonné que l'original, sûrement du fait de l'émotion.



"We are the world", émouvant


vendredi 5 juin 2009

Les prisonniers de Cebu récidivent !

Je ne pouvais pas résister à vous le montrer ! Les fameux prisonniers de Cebu, vêtus d'orange pour désigner qu'ils sont dans la section de Haute Sécurité, s'adaptent à toutes les modes. Après avoir explosé l'audience de Youtube avec leur danse de Thriller, pour la saison printemps-été 2009, c'est sur la bande son de Slumbdog Millionnaire qu'ils dansent. Enorme.


vendredi 29 mai 2009

La grande histoire de la rentrée scolaire


C'est l'histoire de parents d'élèves de quartiers pauvres, qui sacrifient une semaine de revenus pour construire une salle de classe à leurs enfants. C'est l'histoire de la solidarité de ceux qui n'ont rien, ou pas grand-chose, et qui savent qu'ils ont peu à attendre des pouvoirs publics endettés. C'est l'histoire, enfin, cette vieille histoire semble-t-il, des anciennes communautés, dans lesquelles les habitants participaient tous à la construction de l'église de village. Mais à Payatas, on retrouve cette histoire.

Tous ces éléments, et bien plus, sont réunis dans cette plus grande histoire, ce plus grand défi que s'apprête à vivre les Philippines, comme chaque année : la rentrée scolaire. Ce 1er juin, une armée de plus de 30 millions d'enfants vont envahir les classes. Beaucoup trop, et si peu de places. En primaire, on compte en moyenne 60 enfants par classe.

C'est cette histoire qui est racontée aujourd'hui et que je vous invite à lire.

mardi 12 mai 2009

Manny Pacquiao, le héros philippin
















C'est le "Champion de tous les temps", le héros de la Nation philippine, ... le futur "président des Philippines" ? Que n'a-t-on pas dit ces derniers jours, dans les journaux, les rues philippines, mais aussi à l'étranger, de ce nouveau champion de boxe philippin, qui a démonté le 2 mai dernier, en 6 minutes seulement, le tenant du titre mondial des super-légers ?

Le nouveau champion du monde, Manny Pacquiao, a remporté son 5e titre dans une 5e catégorie différente. Ce qui en fait un surhomme sportif, et un symbole d'unité et d'énorme fierté pour ce peuple philippin tellement complexé par ses problèmes de corruption, l'incompétence de ses élites à régler les problèmes du pays, leur manque scandaleux de sens du bien public... un peuple philippin qui adule tellement les pays occidentaux qu'il n'en revient pas quand un petit gars du sud pauvre et rural de l'archipel revient de Las Vegas avec un trophée digne d'un Mike Tyson.

Sportivement, c'est un exploit. Nationalement, c'est un soulagement, un baume à l'estime. Malheureusement, les pas qui suivent semblent brouiller les cartes. Manny Pacquiao veut rentrer dans l'arène politique... Son retour à Manille et sa fusion avec la foule malgré les risques qu'il avait d'être atteint de la grippe A lui ont valu les foudres d'un éditorial influent, qui le critique pour son manque de responsabilité collective.

Et ainsi de se demander si ce premier faux pas n'est pas un signe indiquant son manque de capacité à mener une ville, une députation comme il en a l'intention. Cet homme est immensemment riche (plus de 2 millions de dollars gagnés dans le dernier combat, sans compter les 40% qu'il récupérera sur la retransmission payante du match), et l'homme le plus populaire du pays. Tous les politiciens l'ont compris, et pourraient vouloir récupérer cette image pour les élections de 2010.

Pour tout entendre sur le retour triomphal du héros à Manille, voici ma chronique sur RFI.

mardi 5 mai 2009

Les Philippines, carrefour de la contrefaçon ?


C'est un spécialiste membre du groupe de recherche Pacific Strategies and Assessement, qui a avancé cette possibilité : "les Philippines pourraient se transformer en un carrefour de la contrefaçon en Asie du Sud est."

L'archipel est en effet l'un des champions de la région en termes de violation du droit de la propriété intellectuelle. Par exemple dans le domaine digital : 90% des films et 70 % des logiciels utilisés sont des copies pirates ! Pas mal !

Et cet archipel, qui compte en plus la 2e plus large étendue de côtes au monde (après l'Indonésie), rend la surveillance aux frontières complètement aléatoire. Voire "lamentable", ajoute ce spécialiste.

Comme pour ce stand, situé dans le quartier populaire de Quiapo, les DVD pirates sont vendus en pleine rue, dans la - très - bonne humeur, sans se préoccuper d'éventuelles descentes de police. Celle-ci a sûrement mieux à faire....

Pour écouter mon récent reportage sur la croissance de la contrefaçon aux Philippines, suivez-moi ici.